Pourquoi désactiver adblock?

Je vous vois déjà observer ce titre d’un air choqué: « Qu’ouïs-je? Qu’entends-je? Désactiver Adblock? Quel odieux affront! »

Quel merveilleux ami cet adblock !

Rassurez-vous: Il ne s’agit pas d’un impératif de ma part. Vous êtes tout à fait libres de laisser adblock activé sur mon site, ou non. Je voulais simplement vous parler de la raison qui peut pousser à désactiver adblock. Car oui, il peut y avoir une bonne raison de désactiver cet allié si précieux contre les publicités intempestives.

Comme de nombreuses autres personnes, je vous fournis un contenu gratuit. Articles, chapitres de livre, poèmes et ma bonne humeur (on va dire que ça passe 😉 ). Pourtant, vous vous doutez sûrement que posséder un site internet n’est malheureusement pas gratuit. Il y a un coût annuel pour continuer de faire vivre ce blog. Coût sortant tout droit de ma petite poche. Cependant, il y a un moyen pour que les frais soient moindres, et vous allez vite deviner lequel: Les revenus publicitaires.

Il faut néanmoins savoir que ces revenus sont très faibles et ne peuvent exister qu’avec deux moyens: Apparaître, pour commencer, et susciter des clics.

Il me semble évident qu’il est hors de question de vous demander de cliquer sur des publicités qui ne vous intéressent pas. Même s’il m’arrive de le faire parfois pour soutenir les personnes dont je visite le site, je sais que la manœuvre peut être une perte de temps inutile pour beaucoup d’entre-vous.

Je me permets néanmoins de vous proposer de désactiver adblock sur mon site internet. Les publicités de mon site restent simples: un petit encart en haut ou en bas, rien de bien folichon, ni de quoi empiéter sur votre plaisir de lecture tout en me permettant un potentiel revenu.

L’idée n’est pas de pouvoir avoir un salaire mensuel: Il faudrait que je sois inconsciente pour imaginer pouvoir tirer un réel bénéfice de ces publicités. Néanmoins, pourquoi pas financer une partie, si ce n’est l’entièreté du plan premium de ce blog? Cela me permettrait un petit soulagement financier tout en continuant de vous fournir gratuitement mes écrits.

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse continuer de profiter de ce site, avec ou sans adblock: vous serez toujours les bienvenus!

Sweet Canari

Et sinon, tu peux me soutenir en visualisant une publicité ici 😉

Le déconfinement… Et l’après ?

Beaucoup le savent, demain, Lundi 11 Mai 2020, annonce le déconfinement progressif en France. Alors que nous avons affronté plus de cinquante jours de confinement, d’attestations et de crainte du virus, qu’annonce donc ce début de « libération » ?

Si une partie de la population s’apprête à rester sage et à laisser les « cobayes » tester une ou deux premières semaines de déconfinement, ce n’est pas le cas pour tout le monde. On peut d’ores et déjà lire de nombreux tweets parlant de toutes les activités prévues, et ce dès lundi. Votre humble autrice a elle-même été témoin directement de gens préparant des sorties entre amis, une visite dans le fast-food du coin ou encore sortir… Juste pour sortir.

Tweetos s’inquiétant de ses voisins se retrouvant avant le déconfinement officiel.

Le confinement officiel a vu quelques opposants se dresser. Complotistes pariant que le virus n’est qu’une invention pour atteindre leur droit de liberté (ou bien inventé pour réduire la population humaine), rebelles ne supportant pas de recevoir des ordres… Ou simplement les habitués des activités qui subissent plus difficilement la nécessité de rester chez soi. Bref, bien que le danger soit présent, les amendes mises en place et les morts s’accumulant, rien ne semblait empêcher ces personnes de braver les interdits pour sortir.

Peut-on alors compter sur eux pour continuer de respecter les gestes barrières, porter masques (et gants ?) et éviter les sorties trop inutiles ?

Je doute malheureusement de ce fait. Des abandons de masques usés se font déjà dans les rues, polluant en plus d’apporter du danger aux personnes préposées au nettoyage, des apéritifs s’organisent entre voisins et amis, des fêtes post-déconfinement se profilent… Bref, rien ne contre-indique qu’une seconde vague, peut-être plus violente, pourrait se profiler à l’horizon.

Parmi les plus inquiets se présentent les personnes dites à risques et en difficulté financière qui vont se retrouver dans la complication de posséder des masques et des gants. La gratuité ayant été refusée, c’est un bon pourcentage de la population qui va devoir subir les conséquences d’un manque de sérieux dans les interactions sociales.

Mais alors, que faire pour éviter une nouvelle vague ?

Je ne me fais malheureusement pas d’espoir, pourtant les choses restent simples :

  • Limiter les sorties et les activités à risque.
  • Bien se laver les mains après chaque sortie.
  • Éviter de manipuler les objets pouvant être touchés par de nombreux individus.
  • Porter un masque si possible, des gants (si utilisés correctement), se désinfecter les mains en cas d’impossibilité immédiate de les laver.
  • Respecter la distanciation sociale et rester à au moins un mètre entre chaque personne.

Ces gestes sont nécessaires pour éviter la propagation du virus. Il ne s’agit pas seulement de vous, mais aussi de vos proches. Les protéger et les soutenir. Les informations sur le virus restent flous et semblent changer chaque jour. Il serait donc inconscient de se croire invulnérable puisque l’on ne présente pas d’antécédent pouvant nous désigner à risque.

J’en profite également pour vous rappeler que l’entraide et le soutien seront plus que nécessaires suite au déconfinement, notamment envers les femmes et les personnes racisées. L’interdiction de sorties inutiles n’aura pas suffit pour empêcher les agressions et le harcèlement de rue, même si limité par l’absence de sortie. Il me semble donc malheureusement évident que des personnes avec de mauvaises intentions vont profiter de cette « libération » pour se rattraper et expulser leurs « frustrations ». Prenez soin de vous et n’hésitez pas à crier lorsque vous êtes témoins d’une agression ou d’un harcèlement.

Je vous souhaite une bonne journée et prenez soin de vous. Que le sort puisse vous être favorable.

Sweet Canari

Chapitre 27: L’effroyable vérité

Le cœur de Psiek battait à tout rompre. C’était sa troisième nuit dans le lit du Maître. Elle était en train de limer ses ongles tandis que sa poitrine semblait prête à exploser. Le trac la mangeait de toutes parts. C’était enfin le grand soir.

Elle commença à appliquer de la crème sur les mains douces et froides, massant avec délicatesse. C’était presque devenu une routine. S’occuper de lui. Le masser. Caresser. Appliquer toutes sortes de produits. Veiller à son bien-être et son confort. Comme s’il s’agissait du cristal le plus pur et le plus fragile au monde.

Un dégoût traversa le corps de la combattante. Et puis quoi encore ? Du cristal ? Ce n’était que du verre basique qui se camouflait sous son polissage pour paraître plus beau et plus riche qu’il ne l’était vraiment. Mais quand on le brisait, il redevenait ce qu’il était : basique, fragile et coupant.

Du véritable poison.

Une envie de cracher saisit la jeune femme mais elle se retint. Elle devait continuer d’arborer un sourire dominé et ravi.

Psiek aida ensuite le jeune homme à se changer, après avoir passé un linge mouillé par de l’eau de rose sur son corps. Il ne demandait toujours rien de sexuel. La première nuit, elle avait été effrayée, s’imaginant être tuée le lendemain matin. La seconde, elle était vexée, persuadée de ne pas être au goût d’un tel homme.

Finalement, elle s’était demandé si ce n’était pas un test. Elle se coucha près de lui, faisant mine de s’endormir. Test ou pas, tout cela l’arrangeait réellement. Elle avait hésité à agir la première nuit, mais elle avait craint que l’homme ne soit trop méfiant. Il fallait absolument faire croire à une totale soumission.

Elle attendit de longues heures avant de se redresser, observant le calme de l’endormi. Elle guetta sa respiration un moment, voulant être totalement sûre qu’il ne se réveille pas d’un coup. Chaque parcelle de son corps était tirée à l’extrême. Elle avait l’impression d’être sa propre marionnette. De contrôler son corps tout entier, tout en étant à l’extérieur de celui-ci.

La peur qu’elle ressentait était bien plus intense que lors des combats dans l’arène. Même lorsqu’il s’agissait de combats à mort. Car si d’habitude, elle avait une chance de s’en sortir, ici ce serait foutu en cas de réveil. Celui qu’elle affrontait était au même niveau que Dieu.

Mais contrairement à ce dernier, ce n’était pas de la curiosité qu’elle ressentait, mais une crainte intense…

Inspirant profondément, Psiek se promit que ce serait la dernière fois dans sa vie qu’elle aurait aussi peur. Le règne de ce tyran était terminé. Il allait regretter toutes les mauvaises actions qu’il avait faites et devrait se justifier auprès du Diable en personne.

La jeune femme écarta les cuisses et récupéra difficilement un objet qu’elle avait caché au niveau de son intimité. Le fait que ce monstre ne veuille pas la toucher était une aubaine, puisqu’elle avait pu cacher la clef de sa liberté. Elle déballa l’espèce de petit tissu qui recouvrait l’objet, l’observant avec ébahissement.

Un de ses ongles en forme de lame. Pointu, affuté. Elle les conservait uniquement pour ses combats à mort, avec autorisation du Maître. Autrement dit, c’était un peu comme si le Maître lui avait autorisé de le tuer, n’est-ce pas ? La jeune fille retint de justesse un léger rire. La vie était drôlement ironique parfois.

Elle allait le tuer avec son approbation.

La châtain n’avait pas cette espèce de colle pour appliquer les ongles, mais elle n’en avait pas besoin. Elle glissa avec légèreté ses doigts au niveau du cou, se concentrant. À force de tuer, elle avait fait de nombreux essais. Elle avait pu déterminer avec une assez grande précision où il fallait planter la mini lame pour que le sang coule à flot. Un sang rouge et excitant, elle en était persuadé. Une pensée folle lui vint même en s’imaginant le goût. Jamais la mort de quelqu’un ne l’avait autant excitée.

Dans un sens, elle se dit que ses victimes devaient la remercier de les avoir utiliser pour ça. Elle-même aurait été ravie de contribuer à la mort de cet enfoiré, si elle n’avait pas été la tueuse.

Psiek inspira. Elle glissa tout doucement la pointe vers la gorge… Et l’enfonça d’un geste sec, le retirant tout aussi rapidement pour ne pas empêcher le liquide de s’écouler. Un tremblement d’excitation la saisit tandis qu’elle observa le sang commencer à s’écouler.

Pourtant, l’excitation redescendit bien vite. Elle s’était imaginée aspergée de ce sang impure. Elle avait pensé devoir couvrir la bouche de l’endormi, s’attendant à un réveil brutal et bruyant. Mais l’homme semblait toujours dormir paisiblement. Pire encore : Son sang coulait avec lenteur, et des traces de croûtes se formaient déjà.

Elle n’avait jamais vu aucun sang sécher aussi rapidement.

Un haut le cœur la saisit avec violence tandis qu’elle se recula, descendant du lit et se frottant la tête avec rage. Ce n’était pas une réaction normale. Non. Elle n’était pas experte en morts, mais elle savait qu’il n’était pas sensé réagir comme ça…

Psiek sentit son souffle se couper une seconde. Experte en mort.

Son regard se figea sur le corps devant elle. Un être vivant normal aurait dû agoniser et perdre des litres de sang. Tout s’embrouillait dans son esprit. Les lettres du soumis qu’elle avait pu lire se mirent à la tourmenter. Elle se remémora également un de ses moments d’égarement dans le château, lorsqu’elle avait rencontré ce type, Memphis, et qu’il lui avait montré…

La combattante dût plaquer sa main sur sa bouche pour se retenir de vomir. Elle avait toujours eu tous les éléments bien face à elle. Et pourtant, elle était passée à côté, comme une idiote. L’homme devant elle, le… Maître ? Non, ce n’était pas le Maître. Et ce n’était même plus un homme. Depuis combien de temps ? On s’était joué d’elle. Toutes les personnes ayant mis un pied dans ce château s’étaient faites manipuler.

Sans réfléchir, la demoiselle courut vers la fenêtre, l’ouvrit et se jeta dans le vide. La peur semblait la poursuivre et elle eut une chance incroyable que la douve soit suffisamment remplie d’eau. Elle ne s’inquiétait même plus du bruit qu’elle avait pu faire. Elle voulait juste quitter les Enfers et aller loin. Très loin.

Psiek s’extirpa de l’eau avec peine et commença à courir vers la zone qu’elle avait repéré, la dernière fois, sentant des larmes lui monter aux yeux.

Sans réfléchir, elle comprit également que Prisme lui avait menti. C’était obligé. Tout n’avait été que manipulation depuis le début. Le Maître n’était qu’un cadavre. Une marionnette sans vie. Quelqu’un qu’on n’avait pas eu la décence d’enterrer solennellement. Juste pour l’utiliser à des fins personnelles.

La châtain s’arrêta quelques secondes pour vomir, les larmes dégoulinant sur ses joues. Elle ne savait pas par quel miracle elle y avait échappé, mais elle avait failli coucher avec. C’était son rôle, à la base. Coucher avec un cadavre. Elle avait touché ses mains. Elle les avait embrassées. À cette pensée, une nouvelle nausée la saisit, et la demoiselle vida tout son être.

Elle reprit sa course, se retenant difficilement de ne pas penser à tout ce qui s’était passé, à ceux qui étaient impliquées, à elle… Prisme lui avait-elle menti ? Jusqu’où savait-elle la vérité ? FS… Cela ne pouvait être que Fémence. Nicolae avait beau être un prénom commun, elle aurait dû ouvrir les yeux. Sans compter le nom de Prisme. Et la fois où elle avait été amenée dans cet étrange pièce ?

Psiek s’imagina sans difficulté que cela devait être à cet endroit que l’homme usait de sa magie. Un nécromancien. Il avait fallu qu’elle tombe sur quelque chose d’encore pire que d’une puissance malfaisante comme le Maître. Depuis le départ, ce n’était pas lui qui tirait les ficelles.

Haïssait-il son frère à ce point ? Et tous ces gens à qui il refusait le repos éternel ? Avaient-ils conscience de ce qu’ils étaient ?

Les jambes ensanglantées par les ronces qui arrachaient sa peau à chaque passage, Psiek faiblit. Elle lutta néanmoins contre la douleur et la peur. Elle marchait au rythme des battements de son cœur.

C’était l’Enfer, et la jeune femme voulait s’en éloigner au maximum.

Publication

C’est avec une grande joie (et longtemps après l’avoir fait haha) que je vous annonce que j’ai publié un livre. Il ne s’agit néanmoins pas de fiction, ni de poésie, bien au contraire.

Ce livre contient les pensées qui ont pu traverser mon esprit lors de mes études et encore longtemps après. Certains savent que je subis une dépression depuis de longues années, et je voulais montrer à quel point notre esprit peut être torturé avec cette maladie.

Il s’agit d’une forme de thérapie pour moi. L’écrit peut être douloureux à lire selon votre émotivité. Mais c’est tout de même avec soulagement que je vous partage les liens où vous pouvez vous procurer ce recueil.

Vous pouvez l’avoir en format livre ici.

Vous pouvez le lire en format ebook ici.

Si vous tenez à vous le procurer, je vous conseillerai avant tout le format ebook. Notamment pour éviter aux livreurs trop de travail en cette période difficile de confinement. Je vous souhaite un bon courage et vous dis à très bientôt pour le prochain chapitre de Le Jouet.

Avec toute l’affection de ma plume,

Sweet Canari

 

Chapitre 25: Un parfum de liberté

Psiek n’en revenait pas. Elle hésita un court instant avant d’inspirer profondément. Adieu l’odeur des roses, de la jacinthe, de toutes ces parfums artificiels amenés dans les couloirs et les chambres. Adieu l’odeur du luxe et du sang qui imprégnaient les murs inlassablement, sans aucun espoir d’y échapper. Adieu le sentiment étouffant de se trouver dans un cercueil géant…

Elle était dehors.

Certes, elle n’avait que deux heures devant elle, et il y avait six gardes pour la surveiller. Ce n’était pas une liberté totale. Mais c’était un véritable miracle quand on savait où elle se trouvait. Un véritable miracle de pouvoir frôler un vrai sol de ses pieds dénudés. De pouvoir regarder le ciel bleu. D’avoir l’impression de vivre.

Elle s’approcha d’un arbre, calmement, touchant lentement le tronc de ses doigts. La sensation provoqua un long frisson qui parcourût toute son échine. Elle se sentait enfin revivre.

Évidemment, quatre gardes étaient équipés d’arbalètes et d’arcs, ce qui signifiait qu’elle n’était pas libre. Pire que tout, si elle fuyait, seule la mort continuerait de l’accompagner.

Mais ce n’était pas dans ses projets. Essayer de fuir alors qu’elle était au bout de son plan ? Ce n’était pas seulement suicidaire. Ce serait avouer être complètement démunie d’un quelconque intellect. Psiek ne se considérait peut-être pas comme quelqu’un de très intelligent, et elle n’avait rien contre les personnes diminuées… Mais dans un monde comme celui-ci, cela pouvait mener à sa propre perte.

La demoiselle s’installa un moment dans l’herbe, reniflant discrètement. Elle tenta de se remémorer l’odeur de son arrivée, avec une certaine difficulté. Même si elle avait le droit de sortir, elle ne pouvait pas aller trop loin. Et elle devait éviter d’éveiller les soupçons.

Elle se releva au bout de quelques minutes, parlementant avec les gardes pour s’approcher d’une autre zone d’arbre. Heureusement, tous connaissaient son passé de paysanne, et il n’était pas difficile d’imaginer qu’elle pouvait simplement ressentir un réel manque envers la verdure. Pour des gens comme eux, les paysans avaient toujours été étranges. Des sortes d’adorateurs de la terre. Des gens qui aimaient toucher la saleté et se rouler dedans.

C’était en tout cas ce que s’imaginaient les hommes qui l’accompagnaient.

Psiek s’en fichait totalement. De savoir comment elle était considérée. Avant d’être entrée dans le manoir. Maintenant qu’elle y était. Elle n’osait pas penser à l’après. S’envoler trop loin dans ses rêveries, c’était un danger luxueux qu’elle ne se permettait pas.

Mais elle savait qu’elle restait malgré elle une sorte d’énigme. La Faucheuse. La première a avoir droit de vie ou de mort quand elle revêt son masque. La seule qui peut faire couler le sang sans discontinuité. Celle qui se régale des souffrances de ses adversaires.

La mort à l’état pur.

Elle n’aimait pas ce rôle qui lui collait à la peau. Malgré l’excitation que pouvait provoquer une telle puissance, ses nuits continuaient d’être hantées par les fantômes de ses victimes. Par tout ce qu’elle avait fait. Toutes les souffrances accumulées.

Toute la haine grandissante qu’elle avait envers elle-même.

La jeune combattante soupira et osa un regard vers les douves du manoir. Rien ne semblait grouiller à l’intérieur. Hormis peut-être des grenouilles, elle n’imaginait que très difficilement une bête féroce y rôder. D’ailleurs, d’un point de vue extérieur, personne ne pouvait s’imaginer ce qui se déroulait. Les murs étaient d’une blancheur éclatante.

La fosse elle-même contenait une eau relativement claire et était parsemée de fleurs et de plantes que la châtain n’avait jamais vu auparavant. On devinait qu’il y avait un travail minutieux sur l’apparence des lieux.

Tout comme pour le Maître. Une apparence somptueuse et délicate. Qui renfermait un secret terrible et violent…

À force d’y réfléchir, Psiek ne put s’empêcher de se dire que cette description correspondait également à Fémence. Même s’il était dur à percer… Le jeune homme semblait avoir trouvé sa place sans problème. Il était dans les petits papiers du Maître, commandait, dirigeait… Même cette satanée Mérisse lui était obéissante. Personne ne pouvait ignorer la grandeur du roux.

Oui… Tout était bien plus complexe qu’un simple Maître richissime qui tenait une sorte d’arène clandestine.

Le roi du canton voisin était-il au courant ? Et l’empereur du royaume ? Beaucoup de nobles et de bourgeois venaient s’occuper en admirant les combattantes. Et en louant quelques filles… Et si cela avait été fait selon la directive du plus puissant ?

Non. Elle n’y croyait pas. La demoiselle savait que c’était bien plus profond que tout ce qu’elle imaginait encore et encore. Plus sombre.

Elle était totalement dépassée.

La châtain sursauta par ailleurs en entendant un garde prendre la parole et lui relater le combat de la veille. Elle détestait quand on lui parlait de ce qui s’était passé plus tôt, comme si elle n’avait pas été présente. On lui rappeler chaque moment avec minutie, avec extase, comme on le ferait pour quelqu’un d’absent qui voulait tout savoir.

Le pire dans tout ça, c’était bien l’admiration malsaine pour ses techniques. Pour les blessures qu’elle infligeait.

_ « Vos ongles, hier… Ils étaient différents, non ? On aurait dit des lames aiguisées… De minuscules lames… » commenta finalement le garde.

Voilà où il voulait en venir. En réalité, la jeune femme n’était pas surprise. Souvent, ce genre de scène arrivait à une question personnelle, ou indiscrète. Ils arrivaient toujours à repérer un élément différent. Un mouvement qu’ils n’avaient jamais vu, une façon d’étrangler inédite….

Ou dans le cas présent, l’existence de faux ongles qui permettait à Psiek de lacérer ses ennemis.

Elle n’avait plus osé reparler de ce sujet, depuis qu’elle avait dû tuer la manucure. Son esprit avait préféré mettre de côté ce sujet sensible qui n’avait pas plu à Fémence, de prime abord. C’était du moins ce qu’elle s’était imaginé tout ce temps. Puis le roux était venus lui apporter de quoi garnir le bout de ses doigts.

Comme prévu, les spectateurs avaient adoré. Une tigresse aux griffes métalliques acérés. Ils n’étaient pas très longs, et elle avait même été surprise qu’on puisse les repérer de si loin. Mais finalement, les reflets du soleil les avait mis en avait. Et ce n’était pas pour lui déplaire. Tout ce qui pouvait augmenter sa côte de popularité était bon à prendre.

_ « Il s’agit d’un petit cadeau du Maître. Mais je n’ai le droit de les mettre que lorsqu’il m’y autorise. »

Psiek se tue ensuite, laissant l’information gagner le cerveau du pauvre garde.

Bien sûr, elle se doutait qu’elle y aurait droit régulièrement. Mais elle devait continuer de faire la soumise. De jouer celle qui n’écoutait que les directives de son Maître. Même si sa haine envers lui débordait de sa gorge, elle devait tenir encore un peu…

La jeune femme se permit de fermer les yeux, posant son dos contre le tronc d’un arbre. Ici, elle reconnaissait parfaitement l’odeur. Ce léger parfum de pourri qui avait gagné les arbres. Ils étaient bons à être abattus.

Mais il ne fallait pas trop en demander à des petits bourgeois. Ils ne se rendaient sûrement pas compte de la maladie qui avait gagné ce bout de forêt. Ou alors, ils s’en foutaient ? Ils s’imaginaient peut-être que cela n’irait pas plus loin. Et au pire des cas, qu’est-ce que ça changeait ?

Ils avaient tout l’argent nécessaire en cas de problème. Ils ne connaissaient pas la difficulté de devoir lutter contre son environnement pour protéger sa vie.

Elle serra discrètement les poings, enfonçant ses ongles dans la paume de ses mains. La châtain avait toujours envié les plus riches. Mais elle n’avait jamais souhaité qu’il leur arrive du mal. Elle n’avait jamais eu de haine envers eux. Ils étaient tombé du bon côté du berceau petit. C’était tout.

Mais depuis sa présence en ces lieux, elle vomissait des gerbes de répugnance quand elle les voyait. Y penser suffisait à attiser le feu de la rancœur qui sommeillait en elle.

Ils vivaient là-haut, dans un château de luxe et d’allégresse. Ils s’abreuvaient de vin et d’oisiveté, pendant que les plus pauvres, tout en bas, à la racine des arbres, tentaient de lécher difficilement la mare asséchée qui leur restait. Tandis qu’ils tentaient de survivre difficilement, de leurs propres mains. Sans l’aide de qui que ce soit.

Ils travaillaient pour les riches et ne récoltait rien de leur dur labeur.

Oui, Psiek commençait à éprouver une véritable haine pour ceux qui n’avaient aucune considération envers leurs efforts. Elle allait commencer par la Maître.

Mais allait-elle s’arrêter en si bon chemin ?

 

 

T’as toujours pas fini ton livre?!

Le titre peut vous surprendre, c’est pourtant une phrase que j’entends maintes et maintes fois dans mon quotidien. Que ce soit de la part des proches (coucou maman), des amis plus ou moins éloignés ou d’inconnus… il semblerait qu’à leurs yeux, un livre s’écrive en claquant des doigts et avec une rapidité hors du commun.

Mais combien de temps cela prend-t-il, réellement?

Ce site nous apprend que cela peut aller de moins de trois jours pour John Boyne avec Le Garçon en Pyjama rayé (que je recommande fortement par ailleurs), jusqu’à plus de seize ans pour Tolkien avec Le Seigneur des anneaux. Autrement dit, l’écriture peut-être plus ou moins longue… Mais alors, pourquoi?

Qu’est-ce qui peut rallonger le temps d’écriture?

L’inspiration.

Oui, cela va peut-être vous paraître un peu simplet, pourtant l’inspiration joue un rôle primordial dans l’écriture. Si l’on recherche les définitions d’inspiration, et que l’on passe celles parlant d’être surnaturel touchant gracieusement l’artiste, on trouve ceci:

« Idée, résolution spontanée, soudaine. »

Spontanée. Entre autre, l’inspiration pourrait venir d’un coup, comme ne pas venir. Certains artistes arrivent à provoquer l’inspiration avec certaines musiques, certaines activités, parfois même en se forçant à écrire quelques lignes, laissant ensuite l’instinct guider leurs doigts…

Mais voilà. L’inspiration reste très volage et varie selon les auteurs. Pour une autrice comme moi, l’inspiration est encore plus sournoise: J’écris différents genres avec plaisir… Et si l’inspiration me vient pour écrire de l’amour ou du comique, autant vous dire qu’elle ne m’est pas de grandes utilités pour Le Jouet.

Même si je sais d’avance que certains espèrent un peu plus de joie dans cet ouvrage, il n’en est clairement pas le fil conducteur. Psiek heureuse? Et puis quoi encore? 😉

Néanmoins, et je vais vous décevoir encore une fois… L’inspiration seule ne joue pas de rôle dans l’écriture. Si on peut également penser à l’humeur (qui est une chose à part et peut porter préjudice selon les chapitres), il faut également penser à un autre point qui joue un rôle relativement grand dans cet ouvrage en particulier:

Les recherches.

Ah je sais, comment ça? Les recherches? Quelles recherches? Dans tout ce que j’ai pu écrire à ce jour, j’ai toujours essayé d’évolué dans des mondes modernes, ou bien qui ont été totalement inventés par mon esprit. Mais voilà, parfois, on n’a pas le choix. Et donc, dans un monde typé médiéval comme Le Jouet… Il faut savoir faire des recherches pour éviter quelques anachronismes.

Des recherches sur quelques insultes (même s’il n’y en a que peu, j’ai tenu à mettre une ou deux insultes d’époques), des recherches sur les tortures, la résistance d’un humain… Je pense par ailleurs que si le FBI lit mes recherches, il a dû se poser un bon nombre de questions à une période. Plus particulièrement lorsque que je cherchais « à combien de coups de fouet un humain peut-il mourir ».

Ou encore « mais combien de poils un être humain possède-t-il?! ». Heureusement par ailleurs que notre bon vieux Fémence n’est pas si cruel que cela, sinon il ne resterait plus qu’un amas de chair à la place de notre petite Psiek…

Evidemment, d’autres raisons peuvent retarder un écrit. Des impératifs familiaux, des soucis de santé, une lassitude de l’histoire, tout simplement le manque d’envie d’écrire? (Oui, cela peut surprendre… mais parfois, un-e auteur-rice veut faire un break avec l’écriture). Tout autant de raisons qui peuvent rallonger l’écriture. Et donc, retarder votre lecture.

Alors très chers amis, je sais que parfois, c’est dur de patienter, surtout lorsqu’on est curieux de la suite. Mais croyez moi: « Tu n’as toujours pas fini ton livre?! » n’est pas une question qui pourra accélérer l’écriture, bien au contraire!

 

En attendant, je me permets de vous proposer des alternatives à Le Jouet, en attendant sa fin (qui devrait arriver dans 4/5 chapitres normalement): Lire le début de Un Coeur de Glace, débuté pour vous divertir durant le confinement, aller voir chez Un Odieux Connard qui poste des écrits qui me font personnellement rires (gros coup de coeur sur la catégorie « Oh le beau site » pour ma part), ou encore traîner du côté des bd en ligne, comme chez Maliki, ou encore Ze Blog bd de Mariko pour ne citer que ces deux-là.

Je vous souhaite une très bonne lecture en attendant le prochain chapitre!

Sweet Canari

Chapitre 1: Abandon anticipé

Je regardais l’intérieur de mon casier d’un air maussade. Et dire que dans à peine un peu plus d’un mois, je pourrais commencer à le vider et à libérer la place. Un seul petit mois…

La première épreuve du tournoi aurait lieu. Celle qui allait éliminer une bonne moitié des participants avant d’entamer les choses sérieuses. Et sachant qu’aucun élève de ma classe ne voulait tenter l’aventure… C’était comme si nous étions déjà partis.

Nous pourrions terminer l’année, bien sûr. Mais à quoi bon ? Aucun autre école n’était apte à nous prendre. Dans le coin en tout cas. Et je n’avais clairement pas les moyens d’aller dans une école plus loin, en internat. Pour que cela finisse de la même façon ? Que la classe soit de nouveau éliminée par « manque » d’effectifs ?

Ou peut-être juste parce qu’ils ne sont pas capables de blairer notre magie.

Même si l’excuse qui revient le plus souvent, c’est notre effectif restreint et la tentative de triche d’il y a deux ans, je savais que c’était bien plus profond que tout ça. Même si tricher à un tournoi aussi important et symbolique pouvait salir une image à vie…

Nous n’avions pas eu d’image, avant ça. Juste une tache qui figurait parmi de magnifiques toiles.

Oh, bien entendu, je pouvais tenter de changer de magie. Le chemin était long, difficile et douloureux… Mais pas impossible non plus. Mais je me voyais mal changer de magie au bout de vingt-deux ans. Ce serait rompre avec une part de moi-même. Ce serait renier qui j’étais réellement.

Et ce serait céder à la pression et à l’intolérance.

Je n’avais donc pas réellement le choix. Quitter l’école. Et même si j’acceptais de changer de magie, je devrais renoncer à mon rêve de travailler avec des animaux polaires dans les réserves. Adieu mon utilité d’humaine pour tenter de soutenir d’autres espèces.

J’étais vraiment foutue, n’est-ce pas ?

C’était impossible de travailler ainsi sans le diplôme décerné par l’école de magie. Tout gravitait autour de ces écoles. Et de ces foutus tournois…

J’avais bien tenté d’en parler à ma famille, de chercher du soutien. Mais depuis toujours, ils avaient du mal à me comprendre. À comprendre ce que je pouvais vivre. Sur une famille de cinq personnes, il avait fallu que je sois la seule à maîtriser cette magie. La seule à échapper à la magnifique magie des fleurs.

La seule contre tout, comme à chaque putain de fois.

 

– « Bah alors Faia, tu vides pas ton casier ? C’est bientôt la fin ! »ricana un jeune homme en passant, faisant rire sa bande d’amis.

Kosobe. Un enfoiré de première qui ne ratait pas une seule occasion pour me rappeler que ma vie était un fouillis sans nom.

Et en parlant de nom, je sentais qu’il avait un malin plaisir à prononcer le mien, depuis qu’il en connaissait la signification… Je ne pouvais malheureusement pas riposter. J’avais usé de mes ruses pour pouvoir vivre tranquillement dans cette école, sans trop provoquer le monde et en contournant les passages à risques.

Et même si tout était bientôt fini, je voulais terminer le mois qui me restait dans la tranquillité la plus totale.

Je serrai les poings en entendant Kosobe enchaîner les remarques acerbes. J’avais terriblement envie de lui répondre. L’envoyer chier. Comme n’importe qui l’aurait fait à ma place. N’importe qui, qui n’était pas mage de glace…

 

– « Laisse la tranquille Kosobe. Ça ne doit pas être très évident pour elle en ce moment… »

Je ne pus m’empêcher de tourner le regard vers le beau Nikolaï, qui venait de prendre ma défense. Un homme aux origines biélorusses qui avait un grand cœur. L’un des rares… Et qui représentait l’espoir tout entier des classes de feu, au passage.

C’était un élève brillant. Pas forcément très doué dans les études, mais un véritable génie de la magie. Avec des envies capillaires farfelues mais… Mais c’était ce qui faisait son charme. C’était du moins ce que j’imaginais.

En réalité, Kosobe n’était pas mal du tout non plus. Sa balafre sur la joue gauche lui donnait même un certain charme. Mais son comportement le rendait terriblement laid. C’était triste. Devenir moche car on possédait un cœur noir et triste…

Enfin, au vu de ma situation, je n’étais pas réellement en position de noter la beauté des autres. Hormis « admirer », cela ne me servait à rien. Ce n’était pas comme si une quelconque possibilité de construire quoique ce soit puisse s’offrir à moi…

Je secouais la tête et repris mon chemin, songeant à sécher le prochain cours. J’avais eu en tête de convaincre les autres de participer. Au moins d’essayer… Mais c’était hypocrite de ma part, vu que je ne comptais pas y participer. Et puis, je savais qu’ils avaient tout autant envie que moi de tenter leur chance : C’est-à-dire aucune.

Pourtant… Même si nous n’étions que dix et démunis… Je trouvais ça triste de ne rien tenter. Pourquoi ? Même si c’était sans espoir, c’était tout de même une chance. Une possibilité, plutôt que d’abandonner directement.

Mais tenter quelque chose d’impossible ?

Je poussais un soupir profond, particulièrement blasée par toute cette situation. Je me prenais bien trop la tête.

 

– « Hep là ! Vous devriez avoir cours, non ? » héla un surveillant au bout du couloir.

Mon soupire se fit plus fort malgré moi. Peu importe ma volonté, nous étions surveillés. En même temps, l’unique classe de glace n’était pas dure à suivre. Savoir nos horaires, où nous devrions être… Tout était absolument contrôlé. C’était un autre point qui m’agaçait dans cette école.

J’avais lu dans un livre d’histoire que le « délit de faciès » était pratiqué, il y a très longtemps. Et bien, j’avais l’impression de toujours être touchée par ce mal. Pas pour ma couleur de peau, certes. Ni pour ce que je semblais être. Mais toujours pour quelque chose d’incontrôlable, de naturel, d’inné…

Après une nouvelle interpellation du surveillant, je me tournais et m’excusais, me dirigeant enfin vers ma classe. L’envie de l’envoyer balader était très forte. Voire même de l’insulter en différentes langues, au cas où il ne comprendrait pas.

Je me demandais un court instant si Nikolaï pourrait m’apprendre des insultes dans sa langue…

Je rentrais dans la classe et ne m’excusais pas auprès du professeur : Il était en retard, comme toujours. Lui aussi avait totalement perdu espoir en nous. En réalité, je me demandais ce que deviendrait notre unique professeur en magie de glace…

Sans élève, pas de cours. Pas de cours, pas de salaire.

Allait-il se reconvertir ?

Je sortais mes affaires en restant plongée dans mes pensées. Nous ne communiquions plus beaucoup entre nous, depuis la nouvelle. J’avais eu l’étrange espoir que nos liens se resserrent et que l’on se soutienne durant cette drôle d’épreuve. Mais finalement, c’était le chacun pour soi qui avait gagné.

On pensait à notre propre futur, pas celui des autres.

Quand on est une minorité menacée par le futur, l’isolement prime. L’espoir à plusieurs n’existe plus. Il ne reste plus que le désespoir en solitaire.

Je me relevais en voyant le professeur entrer, comme il était coutume de le faire, attendant la permission pour m’assoir. Un drôle de pétillement était perceptible dans ses yeux. Il demanda alors qui avait prévu de se présenter pour essayer de sauver notre classe.

Je laissais le silence répondre à notre place. Je pensais pourtant qu’il avait compris. Qui pourrait croire qu’on s’époumonerait en vain ? Il n’y a que le poisson pour batailler vainement hors de l’eau. Nous avions au moins l’intellect de préserver nos forces.

 

– « À force de se débattre et de rebondir, il arrive parfois que le poisson regagne la mer. Mais c’est sûr qu’en ne faisant rien, il est absolument condamné à mourir. »

Je regardais le professeur d’un air semi-blasé. Il trouvait encore le courage de nous faire des remontrances. C’était naïf mais assez… Beau, dans un sens. De voir qu’il y avait au moins une personne dans ce fichu groupe, pour espérer. Mais c’était bien maigre.

Je laissais un autre répondre que l’on ne ferait rien. Je laissais le professeur reprendre sa petite leçon et nous faire milles reproches. Je laissais le destin dicter ma vie, comme depuis toujours.

Je m’abandonnais.

Un Coeur de glace- Prologue

Petit message avant de vous laisser entamer la lecture: Le Jouet n’est évidemment pas abandonné. Je vous propose ici une histoire plus « légère » pour vous apporter de la lecture en ce temps de confinement. Mon but sera évidemment de tenter de publier tous les deux jours si possible.

Un Coeur de glace a été choisi suite à un sondage sur Twitter. J’espère que vous saurez apprécier la lecture! (je travaille sur le résumé pour vous le poster en fin de journée)

 

Illustration

Prologue:

 

En deux cents ans, le monde avait bien changé. Si le racisme, le sexisme, l’homophobie avaient disparu… Ils avaient laissé place à une toute nouvelle forme d’intolérance.

C’était en tout cas le bilan que j’avais pu dresser depuis mon enfance. Et celui qui s’imposait à moi, sur ma droite, tandis qu’un de mes camarades subissait l’humiliation quotidienne dans cette école en perdition. Je tentais d’ignorer les rires gras qui s’amusaient de voir le pauvre élève trempé. Une part de moi avait un peu honte de ne pas lui venir en aide. Mais l’autre savait ce que je risquais.

Je n’étais qu’une simple mage de glace. Autrement dit, le fond du fond ici. Si l’on avait pu ajouter les sans pouvoirs au classement, ils seraient tout de même au-dessus de moi.

J’évitais le couloir principal de l’école, sachant ce qui risquait de m’attendre. Un attroupement de mage de feu et d’eau qui devaient se pavaner. Je les imaginais sans problème frimer et jouer avec une flammèche ou une bulle d’eau, s’attirant l’admiration des plus bas de l’échelle. Et attendre que quelqu’un comme moi passe dans le coin, pour me faire passer un sale quart d’heure. Ce ne serait pas drôle sinon…

Non, vraiment. Il ne faisait pas bon vivre pour une mage de glace. Encore moins depuis deux ans. Nous n’étions déjà pas très nombreux de base. Mais la tentative de triche qui avait eu lieu rendait les choses bien plus difficiles. Des parents commençaient même à tenter des techniques pour éviter que leurs enfants ne deviennent comme nous. Comme moi.

La honte de cette humanité.

Ma propre cousine avait tout tenté. Je ne l’avais pas vu une seule fois depuis le début de sa grossesse. Et je n’aurai pas droit de voir son enfant avant ses douze ans, lorsque son pouvoir apparaîtrait enfin. Elle ne mangeait plus rien de froid, évitait les bains trop tiède… Même le mot glace avait fini par disparaître de son vocabulaire. Une véritable obsession s’était créée autour de ce pouvoir.

Des millénaires d’évolution pour arriver au point de départ. Plusieurs personnes punies parce qu’elles ont un point commun avec un tricheur. Parce qu’elles ont eut l’erreur de naître ainsi. Elles ont eut l’erreur de ne pas pouvoir contrôler quelque chose d’incontrôlable…

Pourtant, ce n’était pas le plus gros problème de ma vie, actuellement. Oh que non. Il se trouvait bien plus haut. Insaisissable.

Chaque école de magie organisait chaque année un grand tournoi. Les récompenses des premiers étaient incroyables et pouvaient mener à d’autres tournois bien plus impressionnants. Au-delà des récompenses, il y avait aussi l’accès à des études supérieures de hautes qualités. Et un métier de rêve à la clef.

Mais depuis la tentative de tricherie d’un mage de glace, plus aucun mage de cette catégorie n’avait essayé de participer au concours. Il y a deux ans, il y avait quarante mages de glace. L’année d’après, vingt-cinq. Aujourd’hui, nous n’étions plus que dix… Que dix potentielles personnes pour représenter notre don. Pour faire connaître notre éclat.

Mais le soucis n’était pas là. Non, il était mille fois pire. Alors que les mages de feu étaient répartis dans plusieurs classes, bien trop nombreux, nous n’en avions qu’une. Et nous n’étions même pas suffisants pour la remplir. Nous coutions cher à l’école. Sans rien apporter en retour. Pas de trophée. Bien au contraire, c’était le déshonneur qui s’était abattu après la tentative de tricherie. La classe allait être dissoute.

Je ne savais pas où aller.

Le proviseur nous avait bien laissé une chance… Mais il s’agissait d’un objectif inatteignable. Sur plus de cinq cents élèves, l’un de nous devait terminer parmi les dix meilleurs élèves. Si cela arrivait, si un tel miracle pouvait se produire, alors la classe resterait telle qu’elle. Nous n’aurions pas de galère pour savoir quoi faire. Nous pourrions rester. Continuer. Dans la galère et la douleur mais… Mais continuer tout de même.

Pourtant, nous n’étions même pas disposés à tenter notre chance. Aucun de nous ne voulait se présenter. Il était davantage préférable d’abandonner, que de subir l’humiliation de perdre.

Après tout… Nous ne valions rien.

Chapitre 24: Au bout du fil sanglant.

Psiek ne pouvait s’empêcher de réfléchir, nettoyant sagement la chambre du Maître. Elle avait réussi à avoir « l’honneur » d’être celle qui s’occuperait de cette pièce. Ce qui signifiait qu’il lui faisait assez confiance. Enfin, si un homme tel que lui pouvait réellement avoir confiance en qui que ce soit…

Ce dont elle doutait fortement.

Tout en nettoyant, la demoiselle ne put s’empêcher de guetter chaque recoin. Elle songeait à, petit à petit, « abandonner » un linge ou deux sous le lit. Son but était de pouvoir s’échapper par la fenêtre, et elle ne voulait vraiment pas prendre de risque pour sa vie. Néanmoins, elle n’était pas assurée à cent pour cent qu’elle resterait la seule personne à s’occuper de cette chambre.

De plus, même si elle comptait partir le plus loin possible… Elle voulait éviter que l’on ne sache qu’elle était responsable de ce qu’elle allait faire. Car même si l’homme avait beaucoup d’ennemis… Il avait évidemment énormément de fanatiques.

La jeune femme pensa notamment à Mérisse. Cette fille ne cessait de lui chercher des noises au quotidien. Elle l’entendait presque tous les jours supplier Fémence de la laisser participer à un combat à mort contre la Faucheuse. Il n’avait jamais accepté, mais cette simple obstination suffisait à faire monter l’angoisse chez la combattante.

Elle ne connaissait que très peu la brune au cache-œil, puisqu’elle la fuyait… Mais elle savait son amour pour l’Hôte.

Elle connaissait le danger.

Psiek soupira et plaça un drap sous le lit, le coinçant comme elle le pouvait avec ces espèces de barres de bois. Elle n’avait jamais vu de lit aussi confortable et aussi compliqué… Elle s’éloigna de quelques pas et observa, ayant toujours le doute. Oui, si la demoiselle restait la seule à nettoyer cette chambre, cela ne se voyait pas juste au regard. Mais encore une fois, rien n’assurait que personne d’autre ne viendrait pour nettoyer.

La combattante soupira et enleva le drap, s’approchant de la fenêtre pour secouer le tapis. Ce serait une bonne excuse pour vérifier les alentours.

Tout en secouant le tissu épais, ses yeux observèrent bien plus bas. Une sorte de douve semblait contourner tout le manoir. Elle n’arrivait pas à deviner la profondeur de l’eau. Sauter dans une eau peu profonde pourrait provoquer sa mort. Au mieux lui casser quelques os… Mais cela empêcherait de fuir davantage.

Le plus gros soucis restait les bois tout autour. Il lui faudrait deviner par quel côté fuir. Et si elle partait bêtement à l’opposé de son but ?

Ses yeux se plissèrent doucement en remarquant que tous les arbres n’étaient pas les mêmes, selon les côtés. Il y avait des sapins d’un côté, dont le bois semblait légèrement pourrir, des chênes, mais aussi quelques bouleaux.

Heureusement, encore une fois, ils n’étaient pas tous concentrés aux mêmes endroits. Le seul soucis qui se posait est qu’elle devrait se fier uniquement à l’odeur pour savoir par où passer : Le jour où elle avait été kidnappée, elle se souvenait de certaines odeurs particulières.

Aurait-elle le temps de tout faire en une journée ? De fuir assez vite ?

La jeune femme secoua délicatement la tête. Elle devait revoir ses avantages en tant que Jouet. Un doute sommeillait en elle, mais peut-être qu’elle ne se trompait pas : Elle avait droit de sortir une fois dans le mois, à condition d’être accompagnée par plusieurs gardes. Pas plus de deux heures, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut… Mais ce serait bien suffisant pour avoir un début de piste.

Elle l’espérait.

Un peu découragée malgré elle, Psiek termina le nettoyage de la chambre et sortit avec les draps sales, les confiant à une servante, après avoir descendu deux étages. Ses yeux se posaient sur le décor pompeux des couloirs. Ils avaient toujours été là. Elle n’était toujours pas habituée. À chaque instant, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer le prix de ces pierres, ces tableaux, ces statues… Le prix que tout cela représentait. La nourriture qui aurait pu être achetée. Le nombre considérable de villages pouvant être aidés…

Même si vivre dans ce manoir avait créé chez la demoiselle un sentiment d’égoïsme et de survie, une part d’elle restait sensée et pensait aux autres. À tous ces êtres qui étaient comme elle : capable d’éprouver des sentiments. Vivants.

Cette pensée tournait tant de son esprit que la viande en venait à l’écœurer profondément. Recevoir le sang chaud de son adversaire sur son propre corps faisait voir les choses autrement. La vie était si facile à prendre. Si facile de réduire un tout à un néant…

Elle se doutait que cette angoisse s’était amplifiée depuis qu’elle avait tué une fille devant son frère. Le hurlement de ce dernier hantait parfois encore ses nuits. Ce cri strident, la haine qui s’échappait littéralement de sa gorge, la promesse de vengeance…

Tuer sans rien connaître de la personne n’était pas si dur que ça. Il était tellement aisé d’imaginer la personne orpheline, sans aucun lien établi dans ce monde. Ou bien oubliée de tous, non désirée…

Bref. Elle avait fait l’erreur de se penser unique personne pouvant manquer à quelqu’un. Et ses nuits agitées étaient le prix de cette erreur.

Pourtant, elle n’avait pas eu le choix. L’égoïsme primait. Prisme l’avait déjà interrogée sur sa volonté d’entraide, et elle n’y voyait absolument aucun intérêt. Ici, personne ne songeait à une quelconque alliance. Il fallait soit lutter pour sa survie personnelle… Soit, certaines personnes, telles que Mérisse, songeaient avant tout à vivre pour une autre personne. Par… Amour.

Un grognement s’échappa des lèvres de la châtain. C’était bien là un sentiment qui ne lui inspirait rien de bon. Irrépressible. Envahissant. Capable de changer n’importe quel être humain. Tout ça pour quelque chose qui n’était même pas réciproque.

Si la survie était égoïste… L’amour, lui, était obsessionnel.

 

Projet en cours: Un recueil?

Cher.e lecteur.ice,

Comme tu le sais si bien, les chapitres que je publie sur ce blog ne sont pas corrigés et sont présentés gratuitement: Le but est de, une fois l’écriture terminée, corriger entièrement les chapitres, illustrer et sortir l’histoire sous format papier (payant évidemment, tu te doutes que j’ai besoin de me nourrir, tout comme toi).

 

Néanmoins, de nombreux projets fleurissent déjà dans mon esprit depuis bien longtemps. Peut-être même avant l’idée de ce livre. L’un de ces projets est un recueil de poésie, mêlant vers et prose. Car la musicalité des mots, à mes yeux, ne nécessite pas obligatoirement une rime à chaque fin de phrase.

Parfois, laisser parler librement le coeur reste bien plus poétique que de s’attacher sévèrement à quelques règles de la poésie française.

stylo plume posé sur un livre

 

J’ai l’honneur de t’annoncer que ce projet avance bien plus vite que prévu. il pourrait même sortir avant Le Jouet. Il faut avouer qu’il est plus aisé et naturel pour ma plume de laisser voguer mes sentiments, plutôt que de me concentrer sur un écrit qui suit parfois le chemin d’un sentiment qui ne me traverse pas immédiatement.

Évidemment, il est hors de question pour moi de trop retarder mon livre principal. Mais ne sois pas surpris.e si tu vois un recueil sortir « bientôt » et te proposer quelques textes qui viendront tout droit de mon triste cœur.

Dans ce recueil, tu pourras évidemment retrouver certains textes présents sur ce site, tel que Boulimie Sentimentale. Mais également des textes plus profonds, totalement inédits, qui, j’espère, sauront toucher ton âme.

En attendant de te retrouver pour le prochain chapitre qui ne saurait trop tarder, sache, cher.e lecteur.ice que je pense bien à toi.

En espérant que ton quotidien ne soit pas parsemé d’inquiétudes avec les tristes nouvelles que nous apporte chaque jour.

Bien à toi.

 

Sweet Canari