Un kilo. J’avale. Ça ne doit pas se voir. Il faut le cacher. Ce n’est pas grand chose, n’est-ce pas? Un petit kilo de rien du tout.

Personne ne doit me voir.

Deux kilos. Ça prend de plus en plus de place. On compte sur moi pour les garder, à l’abri des regards. Il faut que ça reste secret, entre moi et moi. Je suis là pour les engloutir, rien de plus.

Trois kilos. Ça commence à peser. Je garde le secret, mais le sourire s’efface. On me reproche. De ne pas aller assez bien, de tout rater.

Ils ne doivent plus y penser.

Dix kilos. Mes paupières sont lourdes. Je ne réussis plus à soulever la commissure de mes lèvres. La fatigue s’additionne et le cœur se compresse. Je me force à respirer pour ne pas les inquiéter.

Cinquante kilos. Tout est dur. Leurs yeux ont été crevés. Illusion d’espoir quant à leur peine envolée. Enterrée. À la place de mon cœur. Il bat dans mon estomac et me donne envie de gerber.

Cent kilos. Leur toxicité. Ils espèrent m’aider. Ils ne font que me tuer.

Sweet Canari