Pourquoi désactiver adblock?

Je vous vois déjà observer ce titre d’un air choqué: « Qu’ouïs-je? Qu’entends-je? Désactiver Adblock? Quel odieux affront! »

Quel merveilleux ami cet adblock !

Rassurez-vous: Il ne s’agit pas d’un impératif de ma part. Vous êtes tout à fait libres de laisser adblock activé sur mon site, ou non. Je voulais simplement vous parler de la raison qui peut pousser à désactiver adblock. Car oui, il peut y avoir une bonne raison de désactiver cet allié si précieux contre les publicités intempestives.

Comme de nombreuses autres personnes, je vous fournis un contenu gratuit. Articles, chapitres de livre, poèmes et ma bonne humeur (on va dire que ça passe 😉 ). Pourtant, vous vous doutez sûrement que posséder un site internet n’est malheureusement pas gratuit. Il y a un coût annuel pour continuer de faire vivre ce blog. Coût sortant tout droit de ma petite poche. Cependant, il y a un moyen pour que les frais soient moindres, et vous allez vite deviner lequel: Les revenus publicitaires.

Il faut néanmoins savoir que ces revenus sont très faibles et ne peuvent exister qu’avec deux moyens: Apparaître, pour commencer, et susciter des clics.

Il me semble évident qu’il est hors de question de vous demander de cliquer sur des publicités qui ne vous intéressent pas. Même s’il m’arrive de le faire parfois pour soutenir les personnes dont je visite le site, je sais que la manœuvre peut être une perte de temps inutile pour beaucoup d’entre-vous.

Je me permets néanmoins de vous proposer de désactiver adblock sur mon site internet. Les publicités de mon site restent simples: un petit encart en haut ou en bas, rien de bien folichon, ni de quoi empiéter sur votre plaisir de lecture tout en me permettant un potentiel revenu.

L’idée n’est pas de pouvoir avoir un salaire mensuel: Il faudrait que je sois inconsciente pour imaginer pouvoir tirer un réel bénéfice de ces publicités. Néanmoins, pourquoi pas financer une partie, si ce n’est l’entièreté du plan premium de ce blog? Cela me permettrait un petit soulagement financier tout en continuant de vous fournir gratuitement mes écrits.

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse continuer de profiter de ce site, avec ou sans adblock: vous serez toujours les bienvenus!

Sweet Canari

Et sinon, tu peux me soutenir en visualisant une publicité ici 😉

Résumé Le Jouet

Devenir l’un des objets de l’Hôte est l’une des pires choses qui peut vous arriver dans ce monde. Et malheureusement pour elle, Psiek va voir sa vie changer radicalement après avoir été kidnappée.
Marquée à jamais, elle va devoir apprendre à survivre dans un monde où la femme n’a aucun droit, si ce n’est celui de satisfaire l’Hôte. Qui est-il? Peu importe. Psiek est prête à tout pour arriver à ses fins, même s’il faudra un jour aller trop loin. Les limites, elle n’en a plus.

La marque de l'Hôte

Haïku

Captif du passé

un beau sourire cache souvent

des larmes de sang

Petit essai d’Haïku: il est parfois nécessaire de se donner des défis et de sortir de sa zone de confort.

l’Haïku se compose de trois phrases: une première de cinq syllabes, une deuxième de sept, et une troisième de nouveau de cinq syllabes. Un total donc de dix-sept syllabes, centrés dans le texte, formant comme un losange. Il n’est pas nécessaire de chercher à faire rimer.

L’Haïku n’a pas de thème particulier. Ici, j’ai simplement laissé mon cœur parler.

Et vous? Tentez d’essayer un haïku?

Camarade

Elle est là. Elle m’oppresse. Elle s’insinue au plus profond de moi.

Suffocation.

Accroupie, blottie contre mon dos, elle gratte doucement la chaire de mon épaule et me rappelle chacun de mes mauvais choix. Elle me hante et murmure, inlassablement. Je sens tout son poids. Je dois la porter.

Et moi?

Ses cheveux courts caressent ma nuque et me provoquent des frissons de malaise. Je peux sentir son souffle attaquer ma peau. Et ses paroles me heurter, une à une. Le regard presque caché, mais noir. Un sourire malsain. Les sourcils froncés. Elle se repait.

Je disparais petit à petit.

« Tu es une tache. Tu es inutile. Qui se soucie de toi? Tu devrais mourir. Ta naissance est une erreur. »

Chacun de ses mots entaillent mon corps. Ses phrases sont comme des lames aiguisées. J’ai beau tenter de les éviter, elles arrivent toujours à toucher leur cible.

Mon cœur?

Sa voix est faible, mais je la reconnais. La mienne. Mais plus grave… Plus rauque? Elle est petite, et prend pourtant tellement de place.

Comme un déni de grossesse, elle a grandi en moi, lentement. Elle s’est nourri de la haine. A aspiré toute la noirceur qui me touchait. Et quand elle est enfin née, elle était déjà monstrueuse. Si sombre. Si triste…

On se hait.

Comme une mère en difficulté, je l’ai laissée prendre le dessus. Me diriger. M’anéantir. Me gouverner.

Et alors que je me sens tomber, m’allonger en position fœtale, les lèvres gercées par la soif d’amour… Ma main se tend. Elle effleure sa joue. Puis j’attrape sa main.

Elle est petite, frêle, si maigre. Je sens les os de son poignet et je crains de la briser, sans même serrer. Et alors, je comprends.

Bercée par la haine, je devais lui répondre avec amour. Apprendre à l’aimer. Pour me sauver, je dois la sauver.

Et la sauver, c’est apprendre à m’aimer.

Image par Lars_Nissen de Pixabay

Salade de pâtes simple

Il fait beau, il fait chaud, il fait miam: On veut manger, mais pas trop lourd, ni trop chaud.

Alors quoi de mieux qu’une salade de pâtes toute simple? Ici, pas de soucis: Des ingrédients basiques que l’on peut retrouver dans toutes les cuisines.

Voici les ustensiles dont vous aurez besoin:

  • Une casserole pour cuire les pâtes et les oeufs.
  • Un couteau et une planche à découper.

Les ingrédients nécessaires:

  • 200 à 250 grammes de pâtes crues (les coudes sont parfaites pour ça).
  • Une tomate moyenne.
  • Deux oeufs durs.
  • Un oignon moyen rouge.
  • Vinaigrette (maison, je vous ferai le lien plus tard).
  • Des kiri en cube.
  • Gruyère.

Mettre les oeufs à cuire une fois que l’eau commence à bouillir. Dix minutes devraient suffire, douze selon les plaques de cuisson. Ajoutez une cuillère à soupe de vinaigre dans l’eau: Cela évitera que le blanc coule partout si l’oeuf venait à se fendre.

Faire cuire les pâtes. Tout dépendra de votre choix de pâtes, certaines cuisent plus vite que d’autres. Attendez toujours que l’eau se mettent à bouillir avant d’ajouter les pâtes.

Coupez votre tomate, votre oignon et vos morceaux de fromages en petits cubes. Une fois les oeufs cuits, coupez les en rondelles fines, puis les rondelles en quatre.

Une fois les pâtes froides, placez les dans un plat. Ajoutez vos légumes, les oeufs et les fromages. Ajoutez la vinaigrette selon goût.

Votre salade de pâtes est prête en tout simplicité! Je vous souhaite un bon appétit 😉

La jolie salade de pâtes, dévorée en quelques minutes à peine 😉

Fiche personnage physique

C’est une question qui peut se poser régulièrement lors de l’écriture d’un livre: Comment faire une fiche perso?

Pour commencer, il faut savoir qu’il n’y a pas une méthode universelle: Il faut trouver celle qui nous convient le mieux, qui nous correspond. Il faut savoir se demander pourquoi on veut ces fiches, que vont-elles nous apporter? Est-ce un petit plus au cas où, ou un véritable aide-mémoire?

Je vais donc vous confier ma fiche personnage personnelle et vous l’expliquer, mais n’oubliez pas que vous pouvez la modifier à votre sauce, la mixer avec une autre méthode de fiche perso… Bref, il faut faire en sorte d’être à l’aise. C’est une aide, pas un fardeau.

présentation de la fiche perso

Vous m’excuserez tout d’abord pour le manque de propreté de la fiche: Je fais habituellement soit sur ordinateur, soit sur fiche bristol. Je voulais vous présenter un modèle neutre.

Pour commencer, vous vous doutez qu’il faudra remplacer nom et prénom par ceux de votre personnage. Les mettre tout en haut permettra de distinguer directement la fiche. Vous pouvez également laisser un plus grand espace en dessous, ou sur le côté, pour insérer une « image de profil » de votre personnage.

Pour ma part, le genre me permet de préciser si le personnage est cisgenre, agenre, genderfluid, etc… Même si c’est le genre de détails que je retiens facilement, cela m’aide également, d’un coup d’œil, de vérifier s’il y a une bonne diversité parmi mes personnages.

Les surnoms sont très importants également: Pour Psiek, par exemple, cela me permet aussi de noter les surnoms d’insultes que Mérisse peut avoir envers elle.

Pour l’âge, même si ce n’est pas indiqué clairement, je rajoute la date de naissance et parfois le signe astrologique. Je n’ai pas réellement d’intérêt pour les signes astrologiques (j’ignore quels mois correspondent à quel signe, hormis le mien) mais on ne sait jamais si cela peut présenter un intérêt à un moment dans le texte. Il faut toujours partir du principe que le moindre détail pourrait servir. L’âge peut également indiquer la « date de naissance » d’une personne transgenre, ce qui donnerait donc deux dates.

Je passerai la taille car elle me semble plus qu’évidente. Néanmoins, je tiens à souligner que la « silhouette » à côté du poids permet de visualiser comment est le personnage. Le poids ne fait pas tout. Chaque morphologie est différente et deux personnes de même taille et même poids peuvent être totalement différentes, l’une grosse, l’une mince, musclée…

Les cheveux et les yeux me permettent de déterminer la couleur. Même si, faisant moi-même les illustrations, j’ai des références couleurs de côté, je préfère garder une trace écrite en cas de pertes de fichiers. Cela me permet également d’indiquer la longueur et la forme des cheveux, les spécificités comme les épis, les mèches, frange…

Les trois dernières sections me permettent d’indiquer clairement si le personnage détient une de ces choses, et si oui, où se trouvent ces traces. La fiche peut parfois faire un recto et verso selon la longueur de chaque section.

Le but ici est d’avoir le maximum de détails PHYSIQUES. Je tiens à le noter en gros caractère, car il faut savoir que je fonctionne en deux fiches: Une pour le caractère/les goûts, une pour le physique pur. Je fonctionnais avant en une fiche réunie, mais la longueur était parfois si grande qu’il me fallait deux fiches, ce qui compliquait le rangement et le mélange. Ou bien, la fiche restait trop restreinte et n’indiquait finalement que peu d’informations.

Exemple d’ancienne fiche

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, mes fiches étaient plus « brouillons » avant. Je mêlais à la fois personnalité/goût et traits physiques, laissant finalement moins de détails sur le personnage. Pour ce qui est de l’origine, c’est quelque chose que je mets seulement lorsque j’évolue dans un monde moderne et copié sur notre monde. Pour l’univers de « Le Jouet », j’évite d’indiquer les origines puisqu’il n’y a pas de parallèle établie avec notre monde: Je veux que chacun et chacune puissent s’imaginer à travers les personnages sans la barrière du pays ou des origines.

Je range personnellement mes fiches dans deux boites distinctes. Mais rien ne vous empêche de les ranger dans de petits classeurs. Encore une fois, le but est de faire selon ce que l’on préfère. Il ne faut jamais se dire que l’on fait moins bien que les autres. Nous avons chacun notre façon d’organiser notre travail, il n’y a pas de mieux, ni de pire. Il faut aussi garder en tête qu’il est tout à fait possible de recommencer ses fiches plus tard, puisque la méthode utilisée peut ne plus nous convenir quelques temps après.

J’espère que ma méthode de fiches vous permettra de trouver votre méthode. N’hésitez surtout pas à regarder chez d’autres auteurs/autrices.

Je publierai une prochaine fois mes fiches sur la personnalité de mes personnages. Je vous souhaite une bonne lecture et courage!

Sweet Canari

Courgette farcie

Première fois, et sûrement pas la dernière, je vais vous partager une recette de courgette farcie que vous pourrez faire avec four traditionnel ou micro-ondre.

Voici tout d’abord les ustensiles dont vous aurez besoin :

  • Une poêle.
  • Une spatule pour mélanger.
  • Une planche à découper.
  • Un micro-onde et/ou un four.

Les ingrédients nécessaires :

  • Champignons (frais ou en boite). Une demi-boite, donc deux gros champignons je dirais.
  • Une courgette fraiche.
  • Oignon (un moyen rouge).
  • Un ail.
  • Une demi tomate.
  • Du vin blanc (environ 15cl).
  • Du concentré de tomate (environ 2 cuillère à soupe)
  • Sel.
  • Poivre.

                Coupez la courgette en deux dans le sens de la longueur. Retirez la chaire avec une cuillère à soupe afin de la retirer en un bloc. Raclez ensuite le reste de la chaire et gardez là de côté.

                Coupez la chaire en petit dès. Il faudra hacher finement le reste de chaire mise de côté pour en faire une sorte de « purée ».

                Epluchez l’oignon et l’ail. Coupez l’oignon en petits dès et passez l’ail dans un presse-ail. Si vous n’en avez pas, écrasez l’ail avec le plat d’un couteau avant de le couper le plus finement possible.

                Hachez les champignons égouttés. Le but est de faire un semblant de tartare de champignons.

                Épluchez la tomate et coupez la en petits dès.

                Maintenant que tous les légumes sont préparés, faites chauffer une poêle à feu moyen et ajoutez du beurre. Une bonne noix devrait suffire. Faites revenir les oignons et l’ail pressé, environ cinq minutes. Ajoutez ensuite les champignons en tartares. Faites revenir, ajoutez un peu de sel et de poivre. Après 2/3 minutes, ajoutez le vin blanc pour déglacer.

                Ajoutez ensuite la tomate en dès et faites revenir deux minutes en mélangeant régulièrement. Vous pouvez enfin intégrer la courgette en dès et en purée dans votre préparation. Mélangez bien et laissez cuire à feu doux une dizaine de minutes (davantage si vos dès sont trop gros).

                Vous pouvez intégrer les deux cuillères à soupe de concentré de tomate. Vous pouvez rectifier l’assaisonnement en ajoutant du sel et du poivre à votre goût, ou même encore un peu de vin blanc. Tout dépendra de votre palais.

Ma mère n’a pas pu s’empêcher de goûter

                Laissez cuire une dizaine de minutes supplémentaires, toujours à feu doux. Remuez de temps en temps.

                En attendant, faites ramollir vos peaux de courgettes au micro-onde ou au four traditionnel. Quelques minutes suffiront. Vérifiez la cuisson avec un couteau. S’il s’enfonce facilement, c’est cuit.

                Ajoutez le mélange dans les carcasses de courgettes, saupoudrez de gruyère et faites cuire quelques minutes au four, le temps que le gruyère gratine. Vous pouvez également faire cette étape au micro-onde si vous ne disposez pas de four : Le gruyère va simplement fondre sans gratiner.

Promis, la prochaine fois je fais un dressage plus joli!

Vous pouvez déguster vos courgettes farcies, et bon appétit !

Sweet Canari

Les prêtresses aux perles: Une histoire wattpad

Très chères lectrices et lecteurs: Comme vous le savez, Le Jouet est une histoire « terminée » en cours de correction. Même si le plan initial est de continuer de vous alimenter en histoire avec Un Coeur de glace (promis, je le continue), je souhaite également partager avec vous une toute autre histoire.

Couverture des prêtresses aux perles

Il y a quelques semaines, j’ai débuté « Les prêtresses aux perles » pour une amie (qui figure parmi les personnages principaux). J’ai pris la décision de partager cette histoire sur wattpad vu qu’il s’agit avant tout d’un divertissement pour moi. Je vous partage donc le lien de cette histoire, pour celles et ceux qui désireraient la lire.

Vous pouvez cliquer ici pour lire l’histoire 😉

N’hésitez donc pas à vous abonner à mon profil wattpad et à suivre cette histoire si elle vous plait. Voici le résumé:

Depuis près de deux siècles, d’étranges pierres, semblables à des perles brillantes, apparaissent dans différents endroits du monde. Chaque perle a le pouvoir de fusionner avec une jeune fille et de lui conférer d’étranges pouvoirs.
Hissées au rang de saintes, les prêtresses se voient accéder à l’Académie impériale, où seuls les plus riches peuvent normalement y faire leurs études. Soudainement adulées, deux récentes prêtresses, issues de familles modestes, vont découvrir une nouvelle vie: elles n’avaient pourtant rien demandé.

Je vous dis à très bientôt, bonne lecture!

Sweet Canari

Abandonnée

dessin de fille en pleurs

Abandonnée.

Par la vie. Par les proches. Par moi-même.

Isolée du monde, molestée d’insultes et de failles. Que dire ? Que faire ? Se taire et endurer.

Parfois, le soleil semble illuminer un peu plus le quotidien. Il vous désigne et vous fait sourire. Vous fait croire à un bonheur possible, tendre, presque inespéré. Mais ce n’est qu’un leurre. Un mirage pour vous faire oublier un instant la dureté de la réalité.

La peur. L’angoisse. L’inutilité de votre être. Tout n’est que mensonges et paillettes jetés à la figure pour faire croire que cela ne va pas si mal. Mais ça va mal.

Rien ne bouge. Tout est fixe. Vous étiez malheureux et vous le resterez. À quoi bon faire semblant ? Imiter le sourire des autres. Faire croire qu’il y a une chance, même pour vous.

Tout est faux.

Abandonnée…

Délaissée par le bonheur, oubliée par l’espoir. Rangée dans un tiroir qu’on ne rouvrira pas avant plusieurs années. « Ah mais, c’était là, ça ? ». On ne vaut pas mieux qu’un ça. Qu’un quelque chose. Que rien du tout.

Par la vie. Par les proches. Par soi-même. On est confiné dans une pelote de tourments. Emmêlé dans les nœuds. On bataille, en vain. On sort un bras, vaillant, avant de se retrouver attiré par le fond. Détruis, petit à petit.

Abandonnée ! Que puis-je dire de plus ?

La lune elle-même refuse de vous donner un petit rayon de lui-même. Engloutie par l’obscurité. Mâchée avec violence. Puis recrachée.

Pas même bonne à être dévorée, consumée. Juste posée, là, en attendant.

Emmêlée avec les autres. Perdue dans sa compréhension de soi. Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Etais-je eux ?

Abandonnée. Voilà tout ce que je serai ?

Sweet Canari

L’enfance de Prisme

Prisme se rappelait parfaitement la première fois qu’elle avait enfilé une robe.

Prisme heureuse, après avoir enfilé sa première robe.

Sa mère était pauvre et son enfant grandissait bien trop vite. Une amie avait proposé de lui passer des vêtements. Même si Prisme était encore considérée comme un garçon, à l’époque, sa mère avait accepté sans problème. On ne crachait pas sur des vêtements gratuits.

C’est sûrement ce jour-là, en voyant le visage rayonnant de son fils, qu’elle avait commencé à comprendre qu’elle n’avait plus de petit garçon… Mais une adorable petite fille pleine de joie.

Sweet Canari

Elle

silhouette de femme sur fond noir

Elle est belle.

Elle ne s’aime pas. Ses cheveux fourchus. Ses kilos en trop. Sa peau abîmée. Sa difficulté à créer un lien social.

Pourtant, elle est belle.

Le monde a beau être rempli, il n’y a qu’elle.

Elle qui rit, elle qui lutte, elle qui vit. Elle qui crée l’attente chaque matin. Un simple message. Un simple visage souriant. Un simple signe de sa part.

Ses cheveux ont un parfum exquis. On pourrait les caresser durant des heures. Ses fourches sont le simple signe d’une lutte capillaire. Et quelle lutte ! On pourrait l’admirer se battre durant des décennies. Encore et encore. Toujours…

Ses kilos sont moelleux, on a envie de les pétrir. Mordre tendrement dans la chair au péché de gourmandise. Elle vit et en profite. On ne veut pas la voir cesser. On veut l’accompagner, l’encourager, la porter : elle est heureuse ainsi. Et c’est tout ce qui compte.

Sa peau est fatiguée. Pâle et tirée, nos doigts veulent s’y glisser, s’y blottir. Caresser. Effectuer des lignes imaginaires pour l’apaiser. Sait-elle que son sourire suffit à tout illuminer ? Effacer chaque chagrin de ce triste monde ? Elle ne sait pas.

Son hésitation s’affiche à chaque rencontre. Ses efforts lui pèsent. Découvrir, supporter, continuer. Ou bien tout arrêter ? Se hisser au rang d’ami se mérite. Et quel prestige ! Son rire est une médaille merveilleuse. La lutte en vaut la chandelle.

Elle est belle et elle ne le sait pas. Elle ne l’accepte pas. Elle ne m’écoute pas. Pourtant…

Sans me lasser, je continuerai de lui révéler.

Sweet Canari

Chapitre final: Un bonheur avorté

Psiek sentit ses yeux se remplir de larmes en voyant le paysage qui défilait en bas de la colline. Elle avait eu beau espérer depuis le début, elle n’y avait jamais totalement cru. Et pourtant, elle était là.

Devant son village.

Elle ne savait pas durant combien de jours elle avait pu marcher. Elle avait ignoré la douleur qui tenaillait ses pieds. Elle avait parfois oublié de se nourrir. Une seule pensée l’obsédait : Retrouver sa famille et son village.

Et voilà qu’elle y était enfin.

Psiek debout qui pleure de joie

La demoiselle commença à descendre avec prudence, se demandant comment réagiraient ses parents. La croyaient-ils morte ? Avaient-ils eu un peu d’espoir ? Elle espérait sincèrement ne pas les effrayer. Ils allaient sûrement avoir l’impression de se retrouver face à un fantôme. Croyants comme ils étaient…

Psiek pressa davantage le pas et trébucha sur une pierre, dégringolant sur la pente et s’écorchant profondément les genoux. La jeune femme resta face contre terre quelques instants avant de lâcher un petit éclat de rire, amusée. Serait-ce désormais les seules douleurs qu’elle connaîtrait ? Ces écorchures qui l’effrayaient tant petite… Elles lui semblaient tellement dérisoires désormais. La demoiselle était même presque heureuse de retrouver cette douleur.

Cette joie innocente qui faisait fuir la crainte incertaine de la mort.

La liberté avait un goût réellement délicieux.

Après s’être un peu calmée, la châtain se releva et reprit sa marche. Le soleil commençait déjà à descendre dans le ciel. Elle était certaine qu’il y aurait au moins sa mère à la maison. Elle devait déjà s’occuper du maigre repas de la soirée. Psiek s’imaginait une soupe de choux fumante, avec quelques rares bouts de pommes de terre.

Si ses parents avaient eu de la chance, le prêtre aurait reçu quelques morceaux de pain de la part du seigneur du coin et les aurait distribué. Elle imaginait parfaitement son père émietter méticuleusement les petits bouts dans la soupe et dire « Le bon Seigneur a eu pitié de nous ! ». Il le faisait à chaque fois.

L’ancienne combattante chassa ses larmes d’un revers de main. Même s’il s’agissait de joie, elle ne voulait pas les laisser couler. Pas aujourd’hui.

Un soupire de nostalgie s’échappa de ses lèvres en voyant de la fumée s’évader de la cheminée de la maison. Elle voyait son père occupé à rentrer les bêtes. Elle fut un peu surprise de le voir sourire, mais ne s’y attarda pas davantage. Elle n’avait pas compté les jours depuis sa disparition, et elle ne se voyait pas en vouloir à ses parents d’avoir essayé de faire leur deuil le plus vite possible.

Non, elle devait les comprendre. Ils avaient tant à faire, ils devaient se forcer à penser à autre chose.

Psiek s’approcha de la porte arrière et toqua. Un frisson la parcourut en entendant la voix de sa mère lui prier d’attendre. Lorsque la porte s’ouvrit, aucun mot ne put franchir ses lèvres.

Elle était là. Devant elle. Sa mère.

Cette dernière eut tout d’abord comme un choc. Un léger cri s’échappa de ses lèvres et son mari accourut, paniqué : Une fois sur place, le choc fut tout aussi grand pour lui et il dut se rattraper à un meuble pour ne pas flancher.

La châtain trouva le temps étrangement longs. Comme prévu, malheureusement, ils avaient l’air de croire à une véritable revenante. Et elle ne pouvait pas leur en vouloir : elle avait eu elle-même la preuve qu’ils existaient bel et bien.

  • « Papa…  Maman. C’est moi. On m’a kidnappée… Mais je me suis enfuie ! J’ai réussi ! »

Psiek tendit ses bras. Quelques secondes passèrent encore avant que ses parents ne réagissent enfin et ne la prennent contre eux. La mère sentit quelques larmes couler sur ses joues, murmurant plusieurs fois le nom de sa fille. Elle lui embrassa le front, choquée. Elle pouvait voir des cicatrices sur son corps et son visage.

Le père de la combattante proposa de s’assoir à table. Sa fille semblait blessée et épuisée. Mais elle était en vie… Il la guida vers la pièce commune, semblant gêné. Il récupéra finalement une chaise dans la chambre puisqu’il n’y en avait plus que deux pour s’assoir.

  • « Comment as-tu fait ? Nous te croyions perdue pour toujours… »
  • « C’est une très longue histoire. Mais je me suis battue. Pour vivre. Et vous retrouver. Vous m’avez manqués… »
  • « Gislebert, voyons ! Notre fille doit être épuisée… »

La mère de Psiek lança un regard à son époux avant d’installer une troisième assiette, servant tout le monde en tremblant. L’émotion semblait encore l’habiter. Elle espérait qu’il ne s’agissait pas d’une farce du Diable pour la tirailler.

Gislebert hésita un peu et commença à manger sa soupe, tentant de poser des questions à sa progéniture. Mais Hermine, sa femme, le rappelait sans cesse à l’ordre, la main éternellement posée sur son ventre. C’est à ce geste que Psiek tiqua, hésitante.

Ses yeux se glissèrent sur le corps de sa mère. Elle remarquait alors qu’elle était plus robuste qu’avant sa disparition. Ses seins avaient gonflés. Ses bras s’étaient épaissis. Et il fallait faire exprès pour ne pas voir que son ventre s’était arrondi… Et vu la taille de ce dernier, elle devait déjà être enceinte avant son enlèvement.

Pourtant, ses parents ne dirent aucun mot sur le sujet. La châtain était perturbée. Elle savait que sa mère ne parlait jamais de ses grossesses. La demoiselle s’était toujours souvenue de deux accouchements difficiles et s’étant conclus sur deux morts-nés. Hermine n’avait jamais dit grand mot sur eux pendant qu’elle les portait. Ni après. Comme si elle était habituée à ce que ses couches se finissent mal. Ou comme si elle savait d’avance comment elles finiraient.

Mais s’il y avait bien une chose que la Faucheuse avait retenu, c’était que sa mère ne pouvait s’empêcher de se plaindre de ses maux de dos et de ses courbatures. Par ailleurs, elle devinait sans mal les grimaces que tentait de camoufler sa génitrice.

Elle secoua la tête, persuadée que sa mère ne voulait simplement pas l’accabler avec trop d’informations d’un coup. Et elle le comprenait parfaitement. Pourtant, quelque chose clochait dans sa tête.

  • « Je ne suis pas sûre de pouvoir rester… Ceux qui m’ont attrapée… Ils vont peut-être revenir dans le coin. Pour voir si je n’y suis pas. »
  • « Ma chérie, tu viens à peine d’arriver ! Reste au moins une semaine ou deux, nous verrons ensuite, d’accord ? »

Psiek hocha simplement la tête. Elle ne trouvait vraiment pas l’idée raisonnable. Même si elle voulait revenir ici et vivre sa vie tranquillement, elle savait qu’elle devait se méfier. Le Maître n’était pas « mort ». Et celui qui tirait les ficelles n’allait sûrement pas accepter qu’elle leur ait joué ce si vilain tour.

Il lui était néanmoins inconcevable d’expliquer tout ceci à ses parents. Croyants comme ils étaient, la simple mention d’un nécromancien pourrait les foudroyer sur place. Elle-même était surprise de pouvoir encore raisonner sans crainte après une telle information.

La demoiselle termina sa soupe avec appétit. Certes, les plaisirs et la quantité étaient bien moindres que ce qu’elle pouvait avoir au manoir… Mais la joie de la compagnie de ses parents remplaçait tout le reste. Elle ne s’était jamais sentie aussi heureuse depuis longtemps, bien que ses pensées se tournaient parfois vers Prisme.

Elle ne savait toujours pas quoi en penser, ni quoi croire. Pourtant, la jeune femme revenait sans cesse dans son esprit. Psiek avait peur d’être déçue par la vérité.

Gislebert tapa soudainement dans ses mains, proposant à sa fille d’aller se coucher. Il avait encore du travail avec sa femme et ne voulait pas qu’elle participe. Il savait qu’elle était épuisée par le long voyage.

Bien que perplexe, la jeune fille abdiqua néanmoins et se dirigea vers sa chambre. Elle profita d’un rapide coup d’œil pour observer que le meuble qui était censé contenir ses quelques vêtements… Était totalement vide. Il ne contenait que des débuts de tricots pour bébé.

Elle continua néanmoins de se diriger vers le lit l’air de rien, s’allongeant simplement. Psiek avait beau vouloir espérer, une petite voix dans sa tête lui disait de se méfier. Quelque chose n’allait pas. Elle avait développé un instinct de survie qui lui criait de tout son être de s’enfuir.

Habituée à simuler, la demoiselle ralentit légèrement son souffle et fit mine de s’assoupir. Elle ne réagit pas du tout en sentant du mouvement dans sa chambre, ni lorsqu’un doigt se posa non loin de son nez pour vérifier sa respiration. Elle fit mine de grogner et de se blottir davantage dans le tissu fin de son lit.

  • « C’est bon. Elle est endormie. »
  • « Qu’est-ce qu’on va faire Gislebert ? Ils vont nous tuer si on la garde ici ! »

L’estomac de la combattante se mit à se tordre tout doucement. Son oreille se tendit davantage pour entendre la conversation. Mais plus les mots allaient, et plus ses maux s’amplifiaient.

  • « On va leur rendre. On a pas eu de mal à les contacter jusque-là. Il est hors de question qu’on leur rende l’argent ! »
  • « La miresse[1] a dit qu’il s’agissait d’un garçon cette fois. Il est hors de question que je perde tout car cette petite sotte n’aura pas su rester à sa place ! »
  • « Calme toi Hermine, bon sang ! Je t’ai dis qu’on allait les contacter. Ils vont peut-être même nous redonner quelques pièces pour notre loyauté, qui sait ? »

Gislebert tenta de calmer sa femme, lui demandant de penser au bébé. Cette dernière sembla se modérer, caressant son ventre avec préoccupation.

De son côté, Psiek fulminait. Tout comme sa découverte pour Fémence, toutes les pièces du puzzle de sa vie se rassemblaient. Maintenant qu’elle y repensait, ses parents avaient été plus tendres que d’ordinaire la semaine précédant son enlèvement. Ils avaient d’ailleurs été drôlement insistants pour qu’elle aille bien au bon endroit pour garder les moutons.

« Surtout ne te trompe pas et reste bien près du rocher de la pie » avaient-ils dit, chaque jour.

Sans mal, elle comprenait. Ou tout du moins, elle pouvait supposer. Ses géniteurs s’étaient souvent plaints de ne pas avoir de fils, et donc d’héritier potable pour faire perdurer la famille. Par ailleurs, à ses deux grossesses, sa mère était revenue à chaque fois avec déception en déclarant que « Dieu m’en veut, c’est une fille ! ». Mais ces grossesses n’étaient jamais arrivées à termes.

Psiek se demandait même si la perte de ces enfants n’était pas intentionnelle ? En tout cas, une chose était sûre : Elle n’était qu’une monnaie d’échange. Sa mère attendait désormais un fils et voulait sûrement l’élever avec le plus d’argent possible.

Ils avaient vendu leur fille, leur unique fille, simplement pour le bonheur d’un enfant qui n’était même pas encore né. Pour un être qui n’était pas sûr de survivre.

Sa vie valait-elle aussi peu ? Ses souffrances étaient-elles méritées ? Psiek avait combattu la Mort en personne pour survivre. Elle sentit le dégoût la gagner. Elle l’avait fait dans un seul but. Retrouver sa famille. Ses parents. Ceux qu’elle avait aimé.

Elle avait fait tout ça pour rien.

Tout comme pour Nicolae, la châtain attendit le milieu de la nuit pour se lever. Elle avait eu le temps de réfléchir à ce qu’elle voulait faire. Sans un bruit, la jeune femme quitta le domicile familial et reprit son chemin en sens inverse après avoir volé quelques victuailles. Elle ne connaissait pas tout son plan en avance, mais elle savait parfaitement ce qu’elle voulait faire.

La vengeance allait être sa nouvelle partenaire de crime.

Tout comme l’allée fut longue et interminable, le retour fut tout aussi épuisant. Ses pieds n’avaient pas eu le temps de guérir, mais qu’importe. Rester ici ou partir d’elle-même, le danger ne changerait pas.

Seul son esprit l’aliment           ait correctement à base d’idées toutes plus saugrenues les unes que les autres. Elle s’était battue tout ce temps pour ne pas plonger. Et maintenant, c’était trop tard. Ses envies de violence se faisaient plus fortes que jamais. Plus rien ne pouvait l’arrêter. Pas même sa propre volonté.

Au bout de quelques jours, son regard se releva sur une bâtisse qu’elle ne connaissait malheureusement que trop bien. Il se doutait sûrement de son arrivée. Et de toute l’effroyable vérité qui se cachait. Elle était certaine qu’il n’avait envoyé personne à sa recherche. Il comptait sur son retour volontaire.

Elle ne savait pas pour quoi, mais la jeune femme comptait bien user de son aide. Elle deviendrait sa propriété, réellement cette fois, de toute son âme. Et en échange, il l’aiderait à tuer cet enfant, quand l’amour de ses parents serait assez gros pour être détruit.

Fin… ?


[1] Nom d’une femme médecin au moyen-âge.